15/04/2020
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Covid-19, décision chaotique

Face au Coronavirus, « le gouvernement n’a pas d’autre choix que de s’assumer », a reconnu le Président de la République du Mali lors de son adresse à la nation du vendredi 10 avril 2020. Ibrahim Boubacar Keïta a évoqué « la possibilité d’isoler Bamako, épicentre de l’épidémie, du reste du territoire ». Toutefois, dans ce même discours, le président IBK a annoncé le maintien du second tour des élections législatives prévues le 19 avril 2020.

Une déclaration qui a suscité plusieurs interrogations chez des Maliens dans le contexte sanitaire et sécuritaire tendu que vit le pays. Quel est l’objectif réel du maintien de ces élections ? Les autorités maliennes se soucient-elles de la santé de la population ? Quel sera le taux de participation des électeurs à ce scrutin ? Faut-il s’attendre à une explosion du taux de personnes contaminées après le second tour ? Ce sont quelques-unes des questions que se posent des citoyens du pays.

Pour rappel, cinq (05) cas de coronavirus étaient enregistrés au Mali à la date du 29 mars 2020, jour du scrutin du premier tour des législatives. Environ deux semaines plus tard, les autorités du pays ont annoncé 148 cas positifs dont 13 décès et 34 patients guéris du Covid-19 dans un communiqué publié le 15 avril 2020. Les attaques se poursuivent au nord, au centre et au sud du pays. Plusieurs électeurs n’ont pas voté au premier tour des législatives du 29 mars dernier qui a enregistré un taux de participation de 35%. « Des bureaux de vote n’ont pas été ouverts, et les mesures sanitaires de protection contre la pandémie n’ont pas été respectées dans certains centres de vote », ont constaté des observateurs. A cette situation, s’ajoute l’enlèvement du chef de file de l’Opposition. Le candidat Soumaïla Cissé était en campagne pour le premier tour des législatives lorsqu’il a été enlevé dans le cercle de Niafunké.

Pour justifier la tenue de ces élections dans ce contexte, le Président IBK a rappelé dans son discours « que la décision d’aller aux législatives n’est pas le fait du gouvernement mais du Dialogue national Inclusif qui a mené ses travaux en totale indépendance, sans aucune interférence ». Il a aussi ajouté qu’« il est de la responsabilité du gouvernement de faire en sorte que lors du second tour des législatives, le 19 avril prochain, toutes les mesures sanitaires et sécuritaires requises soient rigoureusement appliquées ». Mais cette déclaration n’a pas convaincu l’association des consommateurs du Mali (ASCOMA). Abdoul Wahab Diakité, membre de l’ASCOMA est sûr que « le Mali sera confiné après le second tour des législatives », parce que selon lui, le taux de personnes contaminées au Coronavirus sera encore plus élevé dans le pays.

Rappelons que 22 députés ont été élus au premier tour de ces législatives dans 12 circonscriptions électorales. Pour ce second tour, 125 sièges sont à pourvoir au Mali.